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Nos médias coups de coeur - MUSIQUE

LOVED de Parcels, 2025

Imaginez-vous allongés dans l’herbe, sur la plaine d’un festival de musique. Un verre glacé à la main, vous profitez d’un instant de répit à l’ombre. D’innombrables senteurs émanant des food trucks présents sur le site viennent titiller vos narines, quand tout à coup, une mélodie lointaine attire votre attention. Des sonorités qui ravivent les heures glorieuses des années 1970, des grooves nu-disco et, surtout, les harmonies parfaites, singulières, presque angéliques, de cinq voix. Plus vous vous approchez, plus vous distinguez cinq amis qui s’éclatent sur scène et qui, une fois réunis, illuminent tout sur leur passage.

C’est exactement cet effet que Parcels me procure à chaque écoute : un moment agréable, hors du temps. Avec LOVED (sorti en septembre 2025), le groupe revient après quatre ans d’absence avec un album consacré à l’amour au sens large, sous toutes ses facettes. À son écoute, on ressent une véritable communion entre les membres du quintette australien. On y perçoit autant d’euphorie que de moments d’introspection, mais l’ensemble reste cohérent, fluide, sans prise de tête.

Maurine

 

Breach de Twenty One Pilots, 2025

Lorsque Twenty One Pilots a lancé le récit de Clancy il y a près de dix ans, je ne pensais pas qu'il me marquerait autant. Avec Breach, le duo ne cherche pas à offrir un happy ending artificiel. Il reste fidèle au message qui traverse toute sa discographie : la guérison n'est pas linéaire. On avance, on rechute parfois, mais on continue malgré tout.

Ce qui m'a particulièrement marquée dans ce nouvel album, c'est le soin apporté au moindre détail. Les morceaux regorgent de références aux albums précédents, de Vessel à Clancy, montrant qu'une boucle se referme enfin. L’histoire est terminée. Musicalement, Breach est tout aussi riche : les cris de RAWFEAR, les sonorités cyberpunk, les samples de Vessel et Blurryface, les riffs de guitare lourds et la batterie exceptionnelle de Josh Dun s'intègrent naturellement à un mélange de rock, rap, pop et passages plus intimistes.

Au-delà du lore, le personnage de Clancy représente toute personne qui lutte contre ses peurs, son anxiété ou sa dépression. Breach est une œuvre complète, sincère et profondément aboutie, qui rappelle que l'on n'apprend pas à vaincre ses démons, mais à avancer avec eux.

Maurine

From Zero de Linkin Park, 2025

L’annonce du décès de Chester Bennington, chanteur emblématique de Linkin Park, a profondément marqué les fans. Beaucoup pensaient alors que cette disparition signait la fin du groupe californien. Et pourtant…

Sept ans plus tard, Linkin Park fait son retour avec une nouvelle voix : Emily Armstrong. Si son arrivée a d'abord suscité des réactions partagées en raison de la différence de tonalité avec celle de Chester Bennington, From Zero montre rapidement que le groupe n'a pas cherché à remplacer son ancien chanteur, mais à ouvrir un nouveau chapitre. L'introduction de l'album, intitulée "From Zero", résume parfaitement cette démarche : 

"From zero?" – "Yeah." – "Like, from nothing?"

Plutôt que de choisir un chanteur capable d'imiter Chester Bennington, Linkin Park a fait le pari de repartir presque de zéro, tout en conservant l'ADN qui a fait son succès. Ce nouveau souffle apporte une dimension différente au groupe, sans renier son identité. Avec des titres comme The Emptiness Machine, Heavy Is the Crown, Two Faced ou Up From the Bottom (difficile de ne pas tous les citer !) Linkin Park signe un album puissant, inspiré et terriblement efficace, que l'on prend plaisir à écouter… puis à réécouter.

 Maurine

Portal de Balu Brigada, 2025

Balu Brigada, ce sont deux frères néo-zélandais et étoiles montantes de l'indie rock. Portal, leur premier album, qu'ils ont entièrement écrit, composé et autoproduit à deux, est une œuvre riche, solaire et audacieuse.

J'apprécie particulièrement les guitares, dont les sonorités rappellent parfois celles des Strokes, les rythmes percutants et les voix des deux frères qui s'entremêlent avec naturel. Avec cet album, ils parviennent à affirmer une véritable identité musicale sans jamais tomber dans la répétition. Chaque morceau possède sa propre personnalité tout en s'inscrivant dans une cohérence d'ensemble. Résultat : un album qui s'écoute d'une traite, sans lassitude et sans qu'aucun titre ne donne envie d'être passé.

Les interludes sont planants et plusieurs morceaux mêlent habilement différents univers : indie rock, post-punk, avec quelques touches de disco et d'électronique. Les frères Beasley démontrent une belle maîtrise de leurs instruments et nous entraînent dans un véritable voyage musical, riche en émotions.

Un groupe très prometteur, à suivre de très près.

Maurine

Beyah de Damso, 2025

Damso livre un album introspectif et audacieux qui mélange rap, mélodies et expérimentations sonores.

Je rejoins le train de la hype autour de Damso un peu tard, d'autant plus que BĒYĀH est annoncé comme son dernier album studio. Les paroles, à la fois riches et matures, les productions marquantes ainsi qu'une prestation incroyable aux Ardentes 2026 ont fini de me convaincre.

Cet album propose un véritable voyage entre introspection, émotion et maîtrise artistique. Une belle porte d'entrée dans l'univers de Damso pour ceux qui, comme moi, l'ont découvert sur le tard.

Maxime

Monroe de Monroe, 2025

Monroe est un véritable voyage à travers les genres, alternant avec aisance entre de grands airs d'opéra et des classiques intemporels comme L'Hymne à l'amour ou Over the Rainbow. Portée par une voix puissante et une personnalité pétillante, Monroe revisite ces œuvres avec fraîcheur et sensibilité. Un album à la fois accessible et émouvant, qui permet de découvrir ou redécouvrir ces morceaux sous un nouveau jour.

Je conseille aussi bien cet album aux amoureux de l’opéra qu’à ses détracteurs.

Maxime

Hickey de Royel Otis, 2025

Trouver un album qui réunit tout ce que j'aime écouter depuis plus de dix ans en terme d’indie pop/indie rock, c'est comme découvrir un diamant brut.

Le duo australien ne cherche pas à réinventer le genre ni à anticiper les tendances : il nous invite simplement à savourer l'instant présent. C'est sans doute ce qui fait tout le charme de Hickey. Les mélodies sont lumineuses, les guitares accrocheuses, les refrains restent en tête et cette nonchalance incarnée par le chanteur Otis Pavlovic donne envie de laisser le temps ralentir.

J'adore Royel Otis et cette vibe indie australienne, à la fois décontractée et efficace. Derrière son apparente simplicité, Hickey est un album d'une grande justesse, à écouter sans limite.

Maurine

Dawn of the freak de The Haunted Youth, 2022

The Haunted Youth, c’est pour moi LA révélation belge dont on ne parle pas assez.

Avec une certaine poésie mélancolique et un ton vaporeux, la formation indie rock menée par Joachim Liebens (qui a entièrement composé et produit l’album) offre plus d’une heure de rêverie planante avec Dawn of the Freak.

Bien que très sombres, les paroles et les thématiques des morceaux du groupe ont le pouvoir de toucher et de rassembler tout un public. Combinées à des synthés et des guitares aux accents nostalgiques, elles nous entraînent dans les méandres de nos pensées, de nos expériences et de nos émotions. Quelques sonorités plus dansantes nous permettent, le temps d’un instant, de nous libérer de certaines pensées envahissantes.

Je prends un immense plaisir à suivre leur parcours et leur évolution, convaincue qu’un jour, lorsqu’ils fouleront les plus grandes scènes, je pourrai dire à tout le monde avec un grand sourire : « Je vous l’avais bien dit ! »

Maurine

The new abnormal de The Strokes, 2020

Un album qui signe le retour, le vrai, du groupe The Strokes. Après des années d’absence et des albums en demi-teinte, le groupe new-yorkais signe ici un disque à la hauteur de son âge d’or des années 2000. Sept ans d’attente récompensés par un son cohérent, raffiné, presque évident.

Julian Casablancas (chanteur et auteur-compositeur du groupe) délaisse les amours adolescentes pour une écriture plus introspective et engagée. De plus, les textes reflètent une rébellion mature, en écho à ses convictions politiques. Même le titre, emprunté à une citation de Jerry Brown sur les incendies californiens, et la pochette inspirée d’une œuvre de Basquiat (“Bird on Money”), ancrent l’album dans une réflexion sociale et artistique.

Musicalement, chaque morceau possède sa propre identité tout en formant un ensemble harmonieux. Une unité douce. Cet album, tant il est délectable, sonne comme du miel pour les oreilles.

Je me souviens de la première fois où j’ai découvert l’album, paru en plein confinement, en pleine pandémie mondiale. Il m’a permis de m’évader pendant 45 minutes du quotidien morne et peu récréatif de l’époque, me plongeant dans une véritable frénésie que je ressens encore aujourd’hui.

Maurine

 

 

 

HIT ME HARD AND SOFT de Billie Eilish, 2024

Malgré le succès grandissant de Billie Eilish au fil des années, et même si l’on pourrait penser qu’elle n’a plus rien à prouver, cet album la propulse, selon moi, dans une toute nouvelle dimension. Celle de l’inoubliable, du chef-d’œuvre, du génie qui s’exprime à chaque note.

La voix envoûtante de Billie nous enveloppe entièrement et transporte notre esprit vers des rêveries lointaines. Les mélodies et les arrangements sont tout simplement remarquables, et chacun des morceaux possède une touche d’originalité qui nous donne envie d’en écouter encore et encore. On sent une parfaite symbiose avec son frère (Finneas O’Connell, aussi connu sous son nom de scène FINNEAS) à la production, comme si leur alchimie avait atteint son apogée.

Quant aux paroles, elles sont à la fois poétiques, profondément sensibles et percutantes. Si je ne devais recommander qu’un seul album de l’artiste américaine, ce serait sans hésitation celui-ci. C’est une expérience dont on ne ressort pas indemne, une véritable aventure émotionnelle.

Maurine

 

 

So long, see you tomorrow de Bombay Bicyclea Club, 2014

On ressent les influences multiculturelles dans cet album, fruit des nombreux voyages à travers le monde de Jack Steadman, le frontman du groupe. Ces voyages l’ont conduit à une certaine sérénité, à un bien-être qu’il a souhaité transmettre à travers les dix morceaux qui composent l’album.

Avec ce quatrième opus, le quatuor britannique s’éloigne de son style habituel. En plus d’avoir fait le choix de l’autoproduction, il signe un album aux sonorités variées, empreint de musiques du monde, riche en chœurs, en textures, en effets et en couches sonores. Pourtant, c’est, selon moi, un album très apaisant, qui invite à la réflexion sur la vie et sur le monde, tel un voyage introspectif. Il a la capacité de me faire osciller entre euphorie et mélancolie, selon les morceaux.

 La jaquette, en apparence simpliste, est en réalité un hommage à Eadward Muybridge, pionnier de la photographie du mouvement. Inspirée de ses célèbres séries de clichés, notamment celle du cheval au galop, elle s’anime lorsqu’on la fait tourner : des silhouettes marchent sans fin, de jour comme de nuit. Une pochette audacieuse, joyeuse et colorée, à l’image de l’album.

 Avec une multitude de styles et d’instruments différents, c’est une véritable expérience d’écoute qui vous attend.

 Maurine