Le cimetière d'Arlon
De tout temps, les hommes ont tenté d’exorciser la mort. Ils ont projeté dans l’architecture funéraire leurs peurs, leurs angoisses et leurs espoirs en un au-delà. Les pierres tombales et les monuments perpétuent le souvenir des vivants, sachant que celui-ci s’estompe avec les années. Les humains ont d’abord aménagé des nécropoles, puis des cimetières, pour y enterrer leurs défunts.
À Arlon, on a dénombré trois nécropoles situées aux entrées ou sorties du vicus, le long des voies romaines Tongres-Metz et Trèves-Reims : au Hochgericht, à la Spetz et au Galgenberg.
À partir du VIIIᵉ siècle, le cimetière paroissial se trouve autour de l’église Saint-Martin, elle-même installée sur un lieu ayant servi de sépulture à des dignitaires mérovingiens (VIᵉ-VIIIᵉ siècles). Bien que l’église soit détruite en 1558, le cimetière restera en fonction jusqu’au milieu du XIXᵉ siècle. On peut encore s’y promener aujourd’hui, rue des Thermes romains, et y découvrir des pierres tombales des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles.
Par la suite, l’administration crée un nouveau cimetière rue de Diekirch, inauguré par les autorités ecclésiastiques le 22 juin 1853. Trois ans plus tard, en 1856, une section juive indépendante y est ouverte. Justifiée par l’existence d’une importante communauté juive à Arlon au XIXᵉ siècle, elle constitue le plus ancien cimetière juif de Wallonie et forme, avec celui d’Uccle, un ensemble lapidaire funéraire juif unique en Belgique.
Soucieuses de répondre aux besoins des différentes communautés présentes à Arlon, les autorités communales ont également décidé d’ouvrir une parcelle dédiée au culte musulman à la fin des années 1990. Depuis 2019, la Ville d’Arlon définit sa politique d’aménagement des cimetières sous le prisme de l’environnement, de la biodiversité et du bien-être des citoyens, des visiteurs et des personnes qui y travaillent, tout en favorisant l’accueil de la faune et de la flore qui s’y développent.
Actuellement, le cimetière couvre plus de 9 hectares et s’étend sur plus de 500 mètres.
Une visite du cimetière vous permet de parcourir l’Histoire au hasard des tombes : Hamélius, Netzer, Bidaine, Gaspar, Kegels, Martha, Hollenfeltz et bien d’autres personnalités y reposent, chacune ayant marqué son époque dans des domaines aussi variés que le commerce, la politique, l’art ou la littérature.C’est également à Arlon que furent inhumés les corps des 126 victimes de Rossignol, en attendant leur transfert vers leur village. On y trouve encore deux carrés militaires, une tombe du Commonwealth, plusieurs tombes de congrégations religieuses ainsi que de nombreux monuments commémoratifs.